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mercredi 9 septembre 2026

Robin de Haas et la coordination respiratoire


Avez-vous déjà entendu parler de la coordination respiratoire ? Il s’agit d’une méthode révolutionnaire pour se libérer de blocages corporels - et pas uniquement respiratoires. Bien que cette méthode soit née aux Etats-Unis, son véritable siège se trouve en Suisse, plus précisément à Lausanne. C’est Robin de Haas qui a su théoriser les bases et les principes de cette technique pour en faire une méthode qui peut être transmise et enseignée. Le premier à avoir eu l’idée d’appliquer cette forme de massage accompagnée d’exercices respiratoires s’appelait Carl Stough, surnommé Doctor Breath, un Américain qui a su guérir des personnes souffrant d’emphysème grâce à la mobilisation de leur cage thoracique. Il n’arrivait pas à expliquer comment il faisait ce qu’il faisait, mais il obtenait néanmoins des résultats surprenants. C’est ensuite Lynn Martin qui a joint l’idéokinésie (ideo = image + kine = mouvement) et l’anatomie fonctionnelle aux gestes instinctifs appliqués par Carl Stough. C’est enfin Robin de Haas qui a parachevé la technique en s’appuyant sur les expériences acquises par les deux pionniers. 


Comment décrire Robin de Haas ? On dit de lui que c’est un pédagogue et consultant vocal, mais il est bien plus que cela. Lui-même chanteur, il enseigne la coordination respiratoire et forme les praticiens et praticiennes de la méthode qu’il a mise au point. Le but est d’améliorer la respiration, de la rendre plus économe, plus épanouie, plus efficace, ce qui, à son tour, aura des répercussions sur l'esprit et sur tout le corps. La voix chantée est libérée, elle acquiert davantage de résonance et d’endurance grâce à une harmonisation des mouvements du diaphragme; la voix parlée sera plus convaincante, moins absente ou monotone; les poumons glissent en souplesse le long de ce qu’il ne faudrait plus appeler la « cage » thoracique. En effet, le thorax comporte plus de 100 articulations. Par conséquent, il peut, il doit devenir souple et flexible. Le corps parvient lui aussi à dénouer ses tensions et ses blocages. 



Dans notre monde moderne, nous vivons tous de façon trop cérébrale et nous avons tendance à perdre le contact avec notre corps et notre respiration, qui est pourtant essentielle à la vie. La coordination respiratoire n’est pas réservée aux chanteurs ou aux conférenciers. Elle sert non seulement aux sportifs (qui ont besoin de souffle), mais aussi aux musiciens qui doivent pouvoir optimiser leurs mouvements pour trouver une parfaite aisance avec leur instrument. En situation de stress ou de trac, nous avons le souffle court et le torse coincé, une réaction propre à la panique. A force de regarder notre téléphone, nous avons la nuque pliée en deux et nous perdons la vue de l’horizon au lointain. La coordination respiratoire n’est pas, à proprement parler, une thérapie médicale, mais elle peut soulager les personnes souffrant d’emphysème, de mucoviscidose, de BPCO ou de problèmes d’élocution.


Matériel didactique

Des ateliers d’initiation sont organisés plusieurs fois par an dans le centre MDH (Martin-de Haas) à Lausanne. Les participants sont certes des chanteurs ou des sportifs, mais il y a aussi beaucoup de logopédistes, d’ostéopathes, de naturopathes ou encore des personnes qui soignent à l’aide d’huiles essentielles ou d'ortho bionomy par exemple. Après avoir suivi un tel stage, les participants qui le souhaitent peuvent se lancer dans la formation pour devenir praticien à leur tour. La méthode n’a rien de planant ni d’ésotérique, même si on peut penser qu’elle rejoint un peu le yoga ou la méditation. Les praticiens doivent étudier l’anatomie humaine quasiment comme s’ils se formaient pour devenir médecins. Il faut ensuite une certaine sensibilité et beaucoup de bienveillance pour déceler où se situent les blocages et les freins chez le sujet. 


Robin de Haas est né avec une fente palatine qui l’empêchait de parler correctement. Il a subi un harcèlement particulièrement méchant à l’école. Il est d’autant plus admirable qu’il ait réussi à devenir non seulement chanteur, mais coach de la voix et de l’optimisation du souffle. La souffrance vécue dans l’enfance explique sans doute aussi l’intensité de son engagement dans cette discipline. Un documentaire, Robin des Voix, raconte son parcours. Il a aussi écrit un livre, La Voie de la Voix, qui est toutefois assez détaillé et technique ; il vaut sans doute la peine d’avoir suivi un stage pour en saisir pleinement le sens. 


Martin-de Haas

Le centre MDH situé à la Blécherette (Lausanne) propose plusieurs ateliers de six jours au cours de l’année. Ils s’adressent à tous ceux qui souhaitent mieux comprendre leur voix, améliorer la résonance de leur timbre pour être plus présent, avoir plus d’impact et de charisme. Se reconnecter à son corps, prendre conscience des mouvements et des postures qui peuvent vous bloquer ou vous freiner peut également vous aider à être mieux dans votre peau. En un mot, la technique de la coordination s’adresse à tous ceux qui respirent ! 


https://breathingcoordination.ch/ 

robindehaas.com  

mercredi 6 mai 2026

Petit ou grand …. Tout est relatif !

Le roman L’homme qui rétrécit (The Shrinking Man) de Richard Matheson est paru en 1956. Il y narre la mésaventure fantastique d’un homme qui commence à perdre des centimètres après le passage d’un nuage étrange, probablement radioactif, et cela va bouleverser sa vie à jamais. Un peu comme Spiderman, mais avec des conséquences différentes. Le film The Incredible Shrinking Man est sorti en 1957. Il convient de noter que la bombe d’Hiroshima a été larguée en 1945 et les ravages de la radioactivité étaient un thème d’actualité à l’époque. 


Les changements dans son corps sont tout d’abord imperceptibles. Il pense avoir maigri, car son pantalon baille. Puis ce sont les manches de ses chemises qui sont trop longues. Un médecin lui confirme qu’il a perdu quelques centimètres. Oh ! cela peut arriver, il n’y a pas de quoi s’inquiéter…. Puis il devient plus petit que sa femme, ce qui l’inquiète et met en danger sa position de chef de famille. Il a évidemment perdu son travail, même si son intellect et ses compétences n’ont en rien diminué. Il noue une brève amitié avec une naine qui participe à un spectacle de cirque de passage dans la ville, mais il finit par devenir encore plus petit qu’elle. Sa diminution et son rétrécissement ne sarrêtent décidément pas et le pauvre homme continue de rétrécir et de samenuiser, inéluctablement, jusqu’à devoir aller sinstaller dans la maison de poupées de sa fille pour échapper au chat de la maison. Il finit par tomber dans la cave et il se sait alors condamné, car personne n’aura l’idée de l’y chercher. Sa femme pense qu’il a tout simplement disparu et vend la maison. Pendant ce temps-là, seul et sans défense, il tente de survivre dans le sous-sol. Il s’abrite dans une boîte d’allumettes et manque de se faire dévorer par une énorme araignée, qu’il arrive à tuer à l’aide d’une épingle. Son désespoir est total : seul et oublié de tous, un vieux croûton de pain pour seule nourriture et la certitude qu’il continuera à rétrécir jusqu’à disparaître complètement. Étonnamment, après avoir vécu avec lui les affres et la terreur de se faire manger par d’énormes créatures (chat, araignée), le spectateur est soulagé par la note d’espoir sur laquelle se termine cette histoire, un Happy End en quelque sorte. En effet, devenu homoncule, notre héros parvient à s’échapper de la cave en traversant un grillage. Il cesse alors de lutter contre son destin, il comprend qu’il n’a pas d’autre choix que de l’accepter. Il lâche prise. Il admire le ciel, les étoiles, l’immensité du cosmos. Il sait maintenant qu’à force de rétrécir jour après jour, il finira par rejoindre l’éternité, ce qui lui permettra de vivre pour toujours. L’infini et l’infinitésimal finissent par se rejoindre et le monde humain devient totalement insignifiant. « Aux yeux de Dieu, il n’y a pas de zéro. Je continue d’exister ». 



Il existera comme un être minuscule, puis il atteindra la taille d’un atome, puis d’un électron et peut-être même d’une particule, c-à-d un millième d’un atome d’hydrogène. Le boson de Higgs a été surnommé la particule de Dieu, puisque tout l’univers semble reposer sur lui. Une sorte de grande tortue qui porterait sur son dos quatre éléphants (les piliers de la terre) portant le disque plat de notre univers (théorie du géoterrapinisme). La tortue repose, quant à elle, sur un énorme serpent à 1000 têtes enroulé sur lui-même, répondant au nom de Sesha (selon l’hindouisme). Oui mais sur quoi repose le serpent ? Réponse dans le prochain numéro (peut-être ….). 

Micromégas, un conte philosophique de Voltaire paraît en 1752, quelques années après l’invention du microscope. Jonathan Swift quant à lui écrit Les voyages de Gulliver (1721), une satire politique une satire politique se déroulant aux antipodes, sur l’île de Lilliput, prétendument située quelque part du côté de l’Australie. Les Lilliputiens ont une taille d’environ six pouces de haut (15 centimètres). Malgré sa supériorité métrique, Gulliver finit par être ligoté au sol par les autochtones. Les habitants de Lilliput sont en guerre contre l’île voisine, Blefuscu. En effet, Gros-Boutistes et les Petit-Boutistes se disputent autour de la question de savoir de quel côté il convient de casser les œufs ! Ce qu’on sait moins, c’est que Gulliver s’est également rendu sur l’île de Brobdingnag, peuplée de géants. Il parvient à s’en échapper grâce à un aigle qui s’empare de lui et l’emporte. Gulliver découvre également l’île de Laputa, dont les habitants ne cessent de cogiter au point d’oublier le monde qui les entoure. Des « climénoles » sont chargés de les réveiller plusieurs fois par jour pour les faire revenir à la réalité. Les Laputiens passent tout leur temps à réfléchir à l’astronomie ou aux mathématiques, ils font des calculs à longueur de journée et échafaudent toutes sortes de théories. Jonathan Swift était très sceptique vis-à-vis des sciences et il ne s’est pas privé de se moquer des hurluberlus qui tentaient de comprendre comment fonctionne le monde. L’île de Laputa semble être peuplée de Professeurs Tournesol qui étudient l’extraction de rayons solaires à partir de concombres, la reconstitution d'aliments à partir d'excréments, l’assouplissement du marbre pour en faire des oreillers ou encore le traitement des coliques par insufflation d'air par l’anus.



La thématique de la relativité des tailles - et toute l’angoisse qui l’accompagne - a également été abordée par exemple dans le film Chérie, j’ai rétréci les gosses (et ses suites), dans The Miniature Wife, qui sort en 2026, ainsi que dans de nombreuses œuvres de la culture populaire (mangas, jeux vidéo). Cette idée existe depuis l’antiquité, chez les alchimistes (créer la vie à partir de l’inanimé) et dans le christianisme. Au XVIIIème siècle, le comte de Kueffstein parvient même à affirmer que les homoncules sont « un roi, une reine, un architecte, un moine, un mineur, une nonne, un séraphin, un chevalier, un esprit bleu, un esprit rouge ». Une telle précision a de quoi étonner ! L’humain a sans doute toujours rêvé de maîtriser la création, ce qui est chose faite de nos jours - mais pas encore les variations de taille ! 



The Shrinking Man (film) last words

This was the prize I had won.I approached it in an ecstasy of elation. I had conquered, I lived but even as I touched the dry flaking crumbs of nourishment, it was as if my body had ceased to exist. There was no hunger, no longer the terrible fear of shrinking again. I had the sensation of instinct of each movement, each thought tuned to some great directing force. I was continuing to shrink to become what ? The infinitesimal. What was I ? Still a human being or was I the Man of the Future ? If there were other bursts of radiation, other clouds drifting across seas and continents, would other beings follow me into this vast New World so close to the infinitesimal and the infinite ? But suddenly I knew they were really the two ends of the same concept : the unbelievably small and the unbelievably vast eventually meet like the closing of a gigantic circle. I looked up as if somehow I would grasp the heavens, the universe, worlds beyond number. Gods silver tapestry spread across the night and in that moment, I knew that answer to the riddle of the infinite. I had thought in mans own limited dimension. I had presumed upon nature that existence begins and ends is mans conception, not nature’s, and I felt my body dwindling, melting, becoming nothing. My fears melted away, and in their place, came acceptance. All this vast majesty of creation - it had to mean something and then I meant something too. Yes, smaller than the smallest, I meant something too. To God, there is no zero. I still exist.

https://www.the-incredible-shrinking-man.net/?p=1721