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samedi 14 août 2010

Un voyage dans les Iles (2) – Jersey


Le passage de Guernesey à Jersey s’est fait en neuf minutes environ, au moyen d’un tout petit avion tout mignon, pouvant transporter 18 passagers. C’est bien plus simple et pas plus cher que le ferry.

A la première impression, tout est plus grand qu’à Guernesey, Jersey est d’ailleurs 50% plus grande que sa petite voisine du nord. Saint-Hélier paraît bien plus urbaine que Saint-Peter’s Port, mais en réalité, downtown se résume à King Street, où on trouve Marks & Spencer, Boots, HMV, Body Shop et l’omniprésent Swarovski. Ce qui frappe aussi, c’est qu’on croit être arrivé au Portugal : ça parle portugais tous azimuts, les serveurs et les chauffeurs de bus semblent tous venir de là-bas. Et s’ils ne sont pas Portugais, c’est qu’ils sont Polonais.

Il a fallu à nouveau essayer de comprendre comment fonctionnaient les transports publics et comment arriver aux attractions touristiques. Comme à Guernesey, un réseau d’autocars dessert bien toute l’île, mais les bus ne passent qu’une fois par heure environ, ce qui ne favorise pas les balades spontanées ni l’improvisation. Il faut au contraire essayer de concentrer les visites sur une même ligne et faire des calculs avec l’horaire. Ils ont un système astucieux de SMS permettant de connaître le passage de la prochaine correspondance ; malheureusement, ça n’a pas l’air de fonctionner avec des téléphones étrangers.


Les deux îles sont divisées en paroisses (parish) et les guides, plans et brochures vous diront que La Mare Wine Estate est à Saint-Mary et que les Tunnels de guerre sont à Saint-Lawrence. Mais on ne vous dira pas où se trouvent Saint-Mary ou Saint-Lawrence, car apparemment, c’est parfaitement évident ! Ils ne semblent pas connaître le système des grilles G4 ou B2 pour situer la cathédrale ou le château.

Il y a de très grandes plages à Jersey et sur la côte sud, les marées sont dangereuses car très rapides, comme au Mont-Saint-Michel en France ; des forteresses (Château Montorgueil, Elizabeth Castle), des falaises et des gouffres (Devil’s Hole) ou encore un zoo (Durrell Conservation Trust), qui ne vaut toutefois pas le détour. Les animaux y sont certainement très heureux, car ils ont d’immenses parcs avec beaucoup de broussailles, mais pour le visiteur, qui fait 2x30 minutes de bus et qui paie 13£ (23 CHF) l’entrée pour ne rien voir, c’est un peu frustrant. En outre, le zoo donne plutôt l’impression d’être un parc d’amusement pour enfants, avec des aires de pique-nique et de jeux, avec des panneaux didactiques simples.

Les deux îles ont été fortement marquées par l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale. Il est étonnant que cet épisode de l’histoire soit si mal connu. Les îles Anglo-normandes ont été prises très facilement par les Allemands, car Churchill avait estimé qu’elles n’avaient aucune importance stratégique et qu’il ne valait pas la peine de les défendre. Et lorsque les Alliés ont débarqué en Normandie, ils ont libéré l’Europe, toute l’Europe… non ! de petites îles restent assujetties au joug de l’occupant, car tout le monde les a oubliées ou alors s’en fiche royalement. La guerre s’est terminée le 8 mai 1945, mais les Iles, elles, n’ont été libérées que le 9 mai 1945, date largement commémorée au moyen de moult plaques apposées un peu partout, en souvenir des 40, 50, 60 ou 65 ans de La Libération.


Jersey War Tunnels

Malgré cet épisode douloureux, les îles Anglo-normandes sont restées loyales à la Couronne d’Angleterre et, en dépit de noms de lieux bien français (Saint-Ouen Beach, Bonne Nuit Bay), on y est bien en terre anglaise. Les hôtels servent du bacon & eggs au petit-déjeuner et il y a des bouilloires dans les chambres d’hôtel, pour l’indispensable tea time. Les gens qu’on croise dans la rue sont typiquement anglais, tout le monde est très aimable, l’ambiance est tranquille et paisible, voire un peu provinciale. On ne voit pas ces énergumènes des temps modernes, punks, rastas et autres extra-terrestres qui parlent tout seuls, gitans ou jeunes tatoués et percés. Je n’ai pas vu un seul analyste financier non plus. Le dépaysement total…

Et s’il y a bien une chose qu’on ne trouve pas, ce sont des pulls jerseys. Voilà une bonne raison d’y retourner, pour essayer d’en dénicher !


Voir aussi: Guernesey
www.blueislands.com compagnie aérienne qui dessert les Iles entre elles, ainsi que Genève et Zurichwww.jerseywartunnels.co.uk
www.lamarewineestate.co.uk : vins, mousseux, caramels, biscuits et l’incroyable Black Butter : un concentré de cidre et de pommes à tartiner

1 commentaire:

fireatheart a dit…

Mon hôtel à Jersey n'avait pas de bouilloire à thé. :(
Je n'ai pas trouvé que les enclos du Zoo étaient si grands. Je crois qu'ils étaient de tailles très diverses, dont certains assez petits (je pense aux loutres, dont une semblaient semblaient faire l'équivalent des cent pas).
Je reproche surtout au Zoo de ne pas avoir une plus grande politique "d'ouverture". J'ai le souvenir de la "Vallée des Singes" (ou d'autres parcs) où l'on peut se promener dans l'enclos de certaines espèces sans que ça ne semble les perturber, ou des enclos de fauve où les grilles ne font pas 4 mètres de haut.

Il y avait bien des "excentriques" (gothiques, tatoués, etc..) dans ces îles, mais (il me semble) aucun mendiant ni bonneteau ou équivalents. Le dernier soir à mon hôtel, deux poivrots ont discuté jusqu'à très tard et de vive voix devant l'entrée.

Il y a aussi (j'y pense soudain) que perso, je ne m'y suis presque pas baladé après le coucher du soleil.

Mais c'est clair que l'atmosphère y est nettement plus relax qu'à Genève.

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